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Crédits budgétaires inéquitables : nous ferons entendre la voix de nos membres

par Lise Denis - 13 décembre 2012

Nous avons qualifié d’inéquitable pour les établissements la répartition budgétaire annoncée la semaine dernière lors du dépôt des crédits du Québec 2013-2014. Notre analyse démontre en effet que sur l’augmentation globale de 4,8 % des crédits pour l’ensemble des composantes de la santé et des services sociaux, 4,3 % iront aux établissements et 7,5 % à la RAMQ, et plus de 10 % aux augmentations salariales des médecins spécialistes et omnipraticiens.    

Nous avions pourtant fait la démonstration aux autorités gouvernementales qu’un minimum de 515 M$ supplémentaires était nécessaire en 2013-2014 pour assurer le maintien de l’offre actuelle de services et pour absorber l’accroissement des coûts d’opération. Nous avions aussi indiqué qu’une somme supplémentaire de 440 M$ était nécessaire pour permettre aux établissements de répondre aux nouveaux besoins de la population et pour financer de nouveaux engagements ministériels. Total requis, donc : 955 M$.

Or, les crédits budgétaires 2013-2014 prévoient une hausse totale de 780 M$ des budgets des établissements, soit 175 M$ de moins qu’anticipé. En pourcentage, il s’agit d’une croissance de 4,3 % du budget des établissements (incluant le FINESSS et un rehaussement de 1,9 % des bases budgétaires des établissements), un chiffre en deçà du 4,8 % annoncé par le gouvernement dans son budget.

À cela s’ajoute le fait que le gouvernement a fixé pour 2013-2014 une cible d'économie supplémentaire de 200 M$ pour l'ensemble des ministères, qui seront informés au début de l’exercice de leur quote-part respective et des mesures à réaliser.

À la lumière de ces informations, nous sommes en droit de nous interroger sur la capacité qu’auront nos établissements d’accueillir, dans certaines régions, les centaines de nouveaux médecins spécialistes et omnipraticiens attendus au sein de leur organisation en 2013-2014.

On évalue que l’accueil, les installations et les équipes nécessaires au travail d’un spécialiste coûtent aux établissements en moyenne un demi-million de dollars, et un quart de million $ pour un omnipraticien. En ajoutant à cela la nécessité pour les établissements de fournir aux groupes de médecine de famille des équipes multidisciplinaires pour développer une première ligne forte, nous constatons qu’une impasse est en train de se créer et qu’il faudra que les autorités s’en préoccupent. Bref, les établissements n’auront pas toujours les moyens de répondre à l’ensemble des exigences gouvernementales.  

Rappelons que déjà en 2012-2013, l’équilibre budgétaire s’annonce difficile pour les établissements, notamment en raison des compressions annoncées dans le Programme d’accès à la chirurgie. Il sera très difficile pour nos membres de maintenir à la fois l’offre actuelle de services et de concrétiser les nouveaux engagements ministériels, notamment ceux concernant les personnes âgées. Par conséquent, l’AQESSS va multiplier ses représentations pour que le gouvernement revoie la répartition des crédits entre les différentes composantes du système de façon à ce que celle-ci soit plus équitable et qu’elle permette aux établissements de répondre aux besoins de la population.


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